Turn a new leaf.

« Tout le monde a sa place dans l’Église »

Qu’est-ce que l’Association Française des Œuvres Pontificales Missionnaires (AFOPM) ?

Nous rassemblons plusieurs œuvres canoniques créées en France et institutionnalisées par l’Église au début du XXe siècle, dont les sièges internationaux ont été transférés à Rome. Ces œuvres pontificales, autrement dit universelles et internationales, couvrent l’aide aux diocèses des pays dits de mission, l’aide à la formation des clergés autochtones, l’aide à l’enfance (écoles, crèches, orphelinats, dispensaires…) et l’aide à la formation interne. Les OPM constituent l’outil que se donne l’Église catholique pour assurer sa mission évangélisatrice dans les pays du sud (Afrique, Asie, Océanie, Amérique latine…) qui représentent les territoires de première évangélisation. Nous sommes une œuvre initiée par des laïcs qui ont voulu soutenir l’activité missionnaire de l’Église, ce qui explique que nous sommes à la fois très ancrés dans la structure ecclésiale et très ouverts à la société civile. Les conseils d’administration de nos œuvres sont gérés par des laïcs. C’est assez beau parce que cela signifie concrètement que tout le monde a sa place dans l’Église.

Quelles sont les principales missions de l’AFOPM ?

Notre mission est double. La première est de rappeler le devoir missionnaire de chaque fidèle baptisé d’annoncer l’Évangile, chacun le faisant à sa manière : en bas de chez lui, à l’autre bout du monde, en donnant ou en priant… La seconde est de solliciter auprès des fidèles un soutien financier dans une perspective d’évangélisation et d’aide au développement des diocèses (10 à 30 nouveaux diocèses par an dans le monde). L’objectif est d’arriver à financer toutes les demandes qui nous parviennent. Tous les pays collectent et tous les catholiques contribuent, y compris ceux qui vont recevoir. Ce ne sont pas les riches qui donnent aux pauvres avec condescendance mais bien tous les catholiques qui subviennent aux besoins des diocèses des pays les moins nantis.

Qu’est-ce qui distingue l’AFOPM des autres entités des OPM ?

L’AFOPM est de type cultuel, c’est-à-dire qu’en droit français, elle est dédiée à « l’entretien des ministres et du culte ». À ce titre, elle ne fait pas de bienfaisance, mais est dédiée à la vie des diocèses et des séminaires via la construction de bâtiments (églises, paroisses, salles de catéchèse…) et le financement de la vie des prêtres. Les OPM distribuent chaque année environ 160 M$ dans le monde dont 54% à l’Afrique et 32% à l’Asie. Près de 30% des besoins ne peuvent être satisfaits faute de financement suffisant.

En quoi consiste votre mission de Secrétaire Général de l’AFOPM ?

Je veille à la bonne organisation de l’association (18 salariés, 4 prêtres et religieuses, 30 bénévoles) de manière à ce qu’elle puisse redistribuer 85% de sa collecte, conformément au vœu du Saint-Siège. Les 15% restants servent à financer notre mission de dynamisation des fidèles et à payer nos charges de structure et de fonctionnement. J’assure par ailleurs les contacts stratégiques avec les institutions religieuses et civiles et les grands donateurs et réfère de mes actions au Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, Président de l’AFOPM.

Quelles sont les sources de financement de l’association ?

Nous disposons de trois sources principales : une grande quête annuelle dans toutes les églises, en octobre, et les dons et legs des fidèles, essentiellement de l’immobilier et de l’assurance vie, qui représentent environ 40 % de nos ressources. L’AFOPM collecte en moyenne entre 10 et 12 M€ par an essentiellement consacrés aux projets des diocèses des pays dans lesquels nous avions un lien historique.

Que représente l’immobilier dans les dons et legs consentis à l’association ?

C’est très variable. Un petit bien immobilier de qualité ou un commerce bien situé à Paris équivaudront d’emblée à une somme très importante alors que ces mêmes lots n’auront objectivement que très peu de valeur dans des territoires plus reculés et mal desservis. C’est la loi de l’offre et de la demande. L’immobilier représente environ 20% des dons et legs qui nous sont faits, sachant que la réalisation de certaines ventes à Paris peuvent modifier sensiblement à la hausse ce pourcentage.

Comment l’AFOPM utilise-t-elle les fonds issus de ces dons et legs ?

Les projets de financement sont examinés collégialement par l’ensemble des responsables des OPM du monde entier. Il ne s’agit jamais d’une décision arbitraire du SaintSiège, mais toujours d’un échange et d’un arbitrage collectif entériné au cours d’une réunion annuelle à Rome après une étude préalable de l’ensemble des dossiers par tous les participants. Au final, le projet est accepté, reporté ou refusé.